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ãÔÇåÏÉ ÇáäÓÎÉ ßÇãáÉ : "Continuer l'histoire" par l'invention architecturale



zakaria
01-31-2009, 09:15 PM
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Architecte et polytechnicien, Jean-Marie Duthilleul dirige avec Etienne Tricaud le bureau d'études AREP, "l'agence des gares", filiale de la Sncf. Il était invité ce 13 janvier à prononcer la leçon inaugurale de l'Ecole de Chaillot à la Cité de l'architecture & du patrimoine (Paris).
Il a choisi de thématiser sa réflexion autour de l'histoire et de la manière de la continuer - ou non - par l'intervention architecturale. Nous rapportons ci-dessous quelques-uns des points-clés de sa conférence.


L'architecture continue l'histoire. On ne peut y échapper. L'architecture oblige à inventer l'espace. En ce sens, je propose de la définir comme l'art de composer l'espace pour les gens d'une époque. Chaque lieu est détenteur d'une histoire écrite, par accumulation et sédimentation. Notre intervention doit enrichir le site afin de donner davantage de bien-être a ses utilisateurs. Sinon pourquoi intervenir? L'architecture est un acte de civilisation qui doit s'exercer en pleine conscience historique du lieu. Et ce d'autant plus que les moyens techniques d'intervention n'ont jamais été si puissants, ni si violents. Aussi cette intervention doit-elle se garder des idolâtries, des idées reçues ou des dédales administratifs. Comment? En s'attachant à l'époque, aux hommes, à l'espace et à la composition.


L'époque


L'attention portée à l'époque, c'est ce qu'on appelle la modernité en architecture. Chaque époque génère sa propre modernité et seul le post-modernisme se refuse à explorer l'histoire pour la considérer achevée. Faire l'histoire, c'est le destin des architectes : on écrit une page. Les écueils qui se dressent sont le culte du jetable (la tyrannie de l'instantané) et le conservatisme. Le conservatisme s'oppose à la modernité. Une sauvegarde qui ne serait qu'un sauve-qui-peut n'est pas une raison valable pour faire de l'architecture. L'architecture moderne est en perpétuelle refondation et c'est en cela qu'elle continue l'histoire. La complexité vient de l'incertitude. Mais la maîtrise de cette complexité ne doit pas passer par la dislocation cartésienne des variables. Lorsqu'on simplifie, le simplisme n'est jamais loin. La dislocation des variables conduit à la dislocation de l'espace, au zoning, à la puvérisation du territoire. La dislocation de la ville a conduit à séparer l'utile de l'agréable, l'ingénieur de l'architecte... Le seul outil de maîtrise de la complexité, c'est le projet qui joint l'utile et l'agréable. Comment le faire émerger et l'ajuster à l'homme?


L'homme


Notre rapport à l'espace a changé. Nos sens, hyper sollicités dans l'espace moderne, ont modifié notre perception du monde. L'ouïe et la vue ont évolué : largeur et profondeur de champ se sont réduits par le temps passé sur les écrans. La vision en mouvement s'est au contraire améliorée. D'où une autre structuration psychologique de l'espace. La carte mentale des lieux est désormais fondée sur le temps de déplacement et non plus les distances géographiques. Le temps est devenu l'une des dimensions de l'architecture et de l'urbanisme. Mais s'il y a bien une permanence, c'est la recherche du bien-être, cette composante de l'architecture qui doit entrer en résonance avec des éléments intemporels : l'eau, la lumière, le vent, la foule, les matériaux, etc. Notre rapport au réel est façonné par la volonté et l'intelligence. L'approche du réel par le seul discours est toujours contradictoire. Les gares sont des lieux de contradiction et le projet doit tenir tous ces aspects ensemble. Il faut surtout na pas choisir! Ce qui continue l'histoire, c'est de faire surgir une nouvelle réalité en cohérence avec le discours narratif qui a précédé le projet. Le projet se fonde toujours sur du narratif, un questionnement collectif sur l'époque, les gens, le lieu.


Le lieu


En architecture, l'ignorance est une faute grave. Il faut connaître le lieu et son histoire pour en proposer une continuation. Ecrire l'histoire d'un lieu c'est comme écrire la suite d'une symphonie achevée. L'architecte dispose de sept claviers pour cela : la géométrie, l'échelle, les rythmes, les structures, les machines, les matières et les couleurs. Pour intervenir sur un espace il faut l'aimer, le connaître, le comprendre, l'aborder par l'intelligence et la volonté. Composer un espace ce n'est pas réaliser une synthèse, c'est une invention raisonnée. Ce n'est ni un compromis, ni une déduction. Le projet est une dramaturgie qui prend naissance dans le narratif entre les acteurs. Le point culminant c'est la cristallisation de la composition. C'est à ce moment là que le projet émerge, commence à sortir du flou, entre conception et questionnement. Le projet n'est pas une formalité dans une procédure, c'est une invention collective. Les interventions des architectes et des ingénieurs doivent être intégrées - et non juxtaposées - dans une même démarche de conception, dans une même vision. Ce qui pose un problème de culture du doute. On commence enfin à avoir des ingénieurs qui doutent, donc qui écoutent les questions que leur pose l'époque.
Enfin, l'architecture ne doit pas bégayer au plan formel. Il s'agit de réinterroger la forme à la lumière de la pratique et de l'époque; qu'il s'agisse d'une gare, d'une église ou d'un théâtre. L'architecture est un art de l'innovation et de la transformation. Loin de l'intégration qui vise à nier l'intervention. Il nous faut pétrir l'existant, aimer les lieux comme un aime un enfant, et accepter qu'ils changent, parce que le paysage ne ressortira pas indemne de notre intervention. L'architecture est l'obligation de servir une société donnée. Et c'est par addition et sédimentation, que l'architecture continue l'histoire.
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Jacques-Franck Degioanni | Source LE MONITEUR.FR


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arch
02-01-2009, 09:02 AM
L'architecture est un art de l'innovation ......

merci beaucoup:)