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ãÔÇåÏÉ ÇáäÓÎÉ ßÇãáÉ : Une démarche écologique pour produire de l’habitat : la boucle verte



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02-03-2009, 06:40 AM
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Une démarche écologique pour produire de l’habitat : la boucle verte

Par Messaoud Abbaoui , Abderezak Djemili
Publié le mercredi 8 octobre 2008. Dernière modification le mardi 7 octobre 2008.






Dans la ville moderne le visage de l’habitat est celui des barres allongées, des tours et des cités anonymes. L’habitat est alors un tissu étendu envahissant les champs de blé. En voulant résorber la crise de logement, certaines politiques d’habitat, en se basant sur des démarches fonctionnelles, ont permis la création des cités-dortoirs avec des problèmes au quotidien. Aujourd’hui plus que jamais, d’autres démarches sont nécessaires pour éviter la dégradation de notre habitat, de notre cadre de vie et de travail. Une des démarches auxquelles nous pensons est la démarche écologique qualifiée de boucle verte qui fait appel aux dimensions politique, économique, socioculturelle, technique, environnementale et participative.

Mots clés : habitat, boucle verte, dimensions politique, économique, socioculturelle, technique, environnementale et participative.


Abstract
In the modern city the face of the habitat is that of lengthened bars, high buildings and anonymous cities. The habitat is then a wide fabric invading corn fields. While wanting to reabsorb the crisis of housing, certain policies of habitat allowed the creation of dormitory towns with daily problems. Today more than ever, other steps are necessary to avoid the degradation of our habitat, of our framework of life and work. One of the steps of which we think is the ecological step qualified of green loop which calls upon political, economic, socio-cultural, technical, environmental and participative dimensions.

Keywords : habitat, green loop, political, economic, socio-cultural, technical, environmental and participative dimensions.

Introduction
La dégradation de notre habitat nous oblige, aujourd’hui, à s’orienter vers d’autres démarches. Une des démarches que nous préconisons est la démarche écologique. Cette dernière nous la voulons locale et globale. Elle est locale car elle se ressource de valeurs culturelles et locales sans nier les techniques constructives innovantes. Elle est globale au sens de systémique, c’est-à-dire qu’elle prend en compte toutes les relations existant entre les éléments d’un système qu’il s’agisse d’une ville, d’un quartier, d’un territoire ou de tout l’environnement. Ce sont les interactions entre ces différentes éléments qui permettent de comprendre le fonctionnement d’un système afin d’agir sur lui. La démarche écologique nous la voulons, également, une démarche transversale et non sectorielle. Une démarche écologique mesure ses implications non pas dans un seul domaine mais dans plusieurs. Produire de l’habitat revient donc à ne pas évaluer celui-ci simplement dans son secteur et se contenter du nombre de logements qui ont été construits mais l’évaluer également par rapport à d’autres secteurs et domaines tels que : l’environnement, le développement social, la vie locale, la mixité, le travail, la participation … La démarche écologique que nous proposons est donc synthétisée en une boucle verte qui fait appel aux dimensions politique, économique, socioculturelle, technique, environnementale et participative.

La dimension politique
La boucle verte ne saurait se soustraire de la dimension politique qui met en exergue la stratégie du développement durable. Cette dernière intègre les trois piliers durables : l’écologie, l’économie et le social. La notion du développement durable reste un projet de société qui doit être porté politiquement. Son application exige, comme l’affirme Dominique Gauzin-Müller, le respect des grands principes du droit environnemental : précaution, prévention, correction à la source, pollueur-payeur, emploi des meilleurs techniques disponibles… [1]. En matière d’habitat, il est nécessaire d’endiguer les désordres urbanistiques et architecturaux. Il faut engager sans tarder les mesures pratiques et les innovations nécessaires pour mettre fin à l’indigence architecturale du cadre bâti. Comme il est également nécessaire de développer des techniques douces de construction, de développer des programmes de formations pointues aux métiers du bâtiment et de l’environnement en tant que perspectives qui peuvent fortement valoriser le secteur de l’habitat, de se rapprocher davantage de la nature et de l’environnement afin d’améliorer substantiellement la qualité architecturale.

La dimension économique
La boucle verte n’est pas focalisée sur la restriction de surfaces de l’habitat et des coûts réduits qui dénaturent complètement l’environnement. La production l’habitat de masse est une économie qui coûte chère et n’arrange personne. La dimension économique nous la situons à un autre niveau. Nous la situons par rapport aux formes de morphologies urbaines basées sur des objectifs de densification contrôlée et permettant une occupation rationnelle du sol dans le respect du développement durable. Nous pensons que l’habitat écologique répond bien à ce critère. L’argument écologique reste essentiel. Il est, aujourd’hui comme le souligne Fouchier, à l’origine d’un retour de la densification dans les politiques d’aménagement des territoires [2]. La valorisation des leviers d’action en matière d’emplois, d’aide et de concertation avec les entreprises performantes est nécessaire. Les municipalités doivent renforcer l’emploi et faire appel à des entreprises plus soucieuses de l’environnement.

La dimension socioculturelle
On ne peut continuer à construire éternellement de l’habitat collectif type "boîtes allumettes". D’ailleurs ce type d’habitat ne répond ni aux aspirations ni aux désirs des habitants. Concevoir de l’habitat, c’est aussi tenir compte des facteurs socioculturels des usagers. L’habitat a retrouvé toutes ses dimensions socioculturelles avec l’apparition de l’habiter dans les discours et les approches des sociologues, des chercheurs, des philosophes… Henri Lefebvre, Christian Norberg-Schulz, Gaston Bachelard, Heiddeger pour ne citer que ceux la, apportèrent une autre dimension à l’habitat en rappelant la valeur considérable de l’habiter. Quelques définitions de ces auteurs permettront de mieux nous éclairer sur ce concept. Pour Henry Lefefvre « l’habiter c’est participer à une vie sociale, à une communauté, village ou ville…Le grand ensemble réalise le concept de l’habitat…en excluant l’habiter : la plasticité de l’espace, le modelage de cet espace, l’appropriation par les groupes et individus de leurs conditions d’existence. C’est aussi la quotidienneté complète qui s’inscrit et se signifie dans cet habitat » [3]. Pour Christian Norberg-Schulz « Habiter quelque part implique qu’un rapport significatif s’établit entre un être humain et un milieu donné …Ce rapport consiste en un acte d’identification, c’est-à-dire à reconnaître son appartenance à un certain milieu. Par cet acte l’habitant s’approprie d’un monde ; son installation correspond à la découverte de lui-même et à la définition de son être – dans – le - monde… En choisissant le lieu qui est le sien, il (l’habitant) choisit aussi une forme particulière d’association avec d’autres hommes. La dialectique du parcours et du but, du départ et de l’arrivée constitue l’essence de cette ’spatialité’ existentielle que met en œuvre l’architecture » [4]. Pour l’auteur de cette citation, l’habiter est synonyme de prise existentielle. L’habiter est alors ce rapport fondamental au monde, à l’autre, à soi-même. Quant à Gaston Bachelard, il lui attribue une dimension poétique. « J’habite et je suis… Etre veut dire être sur terre comme mortel, c’est-à-dire habiter … habiter est la manière dont les mortels sont sur terre… » [5]. Ainsi parla de l’habiter, le philosophe Heidegger, un des fondateurs de la philosophie existentialiste. Oui, l’être veut dire être sur terre comme mortel, c’est-à-dire habiter, mais l’être humain n’est pas un robot. Il ne peut s’extrapoler de sa nation, de sa géographie, de son histoire, de sa culture. Un Algérien, par exemple, habite différemment d’un Chinois, d’un Américain ou d’un Japonais. C’est connu. Et la réciproque est également vraie. En limitant la ville à quatre notions urbaines (habiter, travailler, se récréer et circuler), les tenants de l’approche fonctionnaliste ont réduit l’habiter à une simple fonction. Cette constatation, Daniel Pinson l’a indiquée dans son ouvrage Usage et Architecture : « Le Mouvement Moderne, dit-il, prétend produire une esthétique généralisable, assise sur la recherche d’une vérité universelle, qui va trouver dans la fonction, expression technico-sociale de l’usage, l’un de ses arguments essentiels et dans le logement de masse l’un de ses terrains d’application privilégiés » [6] . L’habiter relève donc d’une manière d’être, une manière de faire et de vivre. C’est une manière d’inventer et de cerner l’espace quotidien. Comment l’habitant vit, comment il habite, cela relève d’une expérience de vie. Le rapport de l’habitant à son milieu, à ses espaces, à ses objets, les transformations qu’il apporte à un cadre bâti sont des manifestations de sa pratique. L’habiter est alors une pratique de l’espace au quotidien et par extension une gestion collective d’un territoire. La réflexion qui se dégage autour du concept de l’habiter (surtout au début des années 60) engagea la voie d’une autre approche de l’habitat. L’habitat n’est plus considéré comme un produit. La réflexion est alors engagée autour d’une culture de l’habitat qui tient compte des modèles culturels et qui acceptent les différenciations. Enfin, l’habitat doit également favoriser des espaces qui permettent de développer la rencontre, l’échange et le "mieux vivre ensemble".

La dimension technique
La boucle verte ne peut se défaire de la dimension technique mise en place. Les techniques que nous préconisons traduisent le concept de développement durable en terme d’action et de consignes. Elles favorisent les techniques douces et appropriées. Les techniques douces et appropriées restent, pour nous, les techniques qui utilisent les sources d’énergie renouvelables (inépuisables) et qui ne créent pas de pollution. Mais il est tout à fait clair que les techniques douces et appropriées, à elles seules, ne peuvent résoudre tous les problèmes de l’habitat. Il est donc préférable d’associer des techniques douces et non douces pour développer l’habitat à condition que ces dernières ne fassent pas mal à la nature, à l’environnement et aux utilisateurs. Les techniques non douces font appel à des filières intégrées (non fermées), des filières éclatées et des systèmes ouverts développés par des entreprises performantes. Elles font appel également aux choix de l’enveloppe et des matériaux sains et écologiques peu consommateurs d’énergie. Dans cette perspective, les techniques non douces restent les techniques efficaces et pragmatiques qui s’éloignent des pratiques routinières qui ont un impact négatif aussi bien sur la santé de l’homme que sur l’environnement. Pour cela, des savoir-faire sont nécessaires. L’évolution de la production de l’habitat dans les pays développés s’est d’abord effectuée dans la filière intégrée puis vers l’évolution de la filière éclatée. Or, aujourd’hui, dans les pays en voie de développement (exemple l’Algérie) la technique répandue dans le domaine de la construction est la filière intégrée, inefficace d’ailleurs car elle reste amputée du coffrage "tables et banches" (en acier). Dans son ouvrage Sid Boubekeur [7] souligne que dans la filière intégrée les opérations de production de béton et de sa mise en forme se déroulent sur le site de construction. Dans la filière éclatée, une partie des activités s’effectue dans une unité de préfabrication, les sous-ensembles produits étant ensuite transportés puis assemblés sur le site. Dans la filière intégrée, le procédé central est le coffrage : le coffrage traditionnel (bois ou métallique) et le coffrage-tunnel composé de tables et de banches. Le coffrage traditionnel est utilisé pour des opérations pouvant atteindre 300 logements. Le coffrage-tunnel est employé pour des programmes plus importants 300 à 1000 logements. Dans la filière éclatée, la filière se distingue par un véritable éclatement du processus de production en plusieurs stades et séquences productifs spécialisés : préfabrication des sous-ensembles, transport et enfin montage sur le site. En Algérie, par exemple, les unités de préfabrication n’existent plus. La totalité des éléments nécessaires à la construction se font, sur le site, à l’aide du coffrage traditionnel en bois ou métallique. C’est le retour à la filière intégrée mais amputée du coffrage "tables et banches" en acier qui permettaient d’obtenir simultanément les éléments de structure d’un bâtiment. La filière intégrée telle qu’elle est pratiquée, aujourd’hui, reste un système fermé. Elle a banalisé le plan du logement. Le schéma du plan a glissé vers une terminologie jour / nuit avec un groupement des points d’eau et un dégagement réduit au minimum pour une économie recherchée. Ce modèle de logement n’est plus conforme aux pratiques des habitants. Le schéma bipartite est devenu un modèle à suivre qu’on retrouve dans tous les dessins des bureaux d’étude. La partie jour comprend le séjour et la cuisine. La partie nuit comporte les chambres à coucher. Le bloc technique compact intègre les gaines, les toilettes et la salle de bains et il est, dans la plupart des cas, rattaché à la cuisine. La production de l’habitat peut varier techniquement si nous diversifions les filières de construction et si nous optons pour des systèmes ouverts. Or les filières et les systèmes dépendent beaucoup plus des stratégies des entreprises. Il est évident qu’une entreprise performante produit mieux qu’une entreprise non compétitive. D’ailleurs, l’entreprise performante intègre dans ses travaux la recherche pour créer, innover, sécuriser ses produits et services et respecter mieux l’environnement..../...

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La dimension environnementale[SIZE="5"]
La dimension environnementale opte pour les constructions bioclimatiques qui favorisent l’utilisation des formes et tissus urbains compacts, les gestions de l’énergie solaire, des espaces verts, de l’eau de pluie et des déchets ménagers. Elle ne peut être complète sans la gestion des déplacements. La dimension environnementale valorise donc le paysage (site) et le climat, c’est-à-dire l’environnement. L’habitat destiné à abriter la vie doit correspondre aux propriétés de l’environnement et optimiser ses éléments favorables. "Au cours de l’étude d’une construction, il est important d’évaluer tous les effets du microclimat (c’est-à-dire les traits dominants, essentiellement révélateurs et permanents d’un site ou d’un habitat particulier). Les caractéristiques du paysage et du climat détermineront les emplacements les plus favorables ainsi qu’orientations, formes, matériaux, ouvertures…" [8]. Une construction bioclimatique dépend donc de la place qu’elle occupe. Son lieu d’implantation est unique. « Dans son sens premier, bio climatisme signifie vie avec le climat et on l’associe à l’adaptation thermique d’une construction au lieu » [9]. Dans son ouvrage, David Wright, décrit une méthode de création qui intègre tous les aspects de l’environnement [10] en passant par le climat, le site, le plan et la forme de la construction, son orientation, le calcul des performances thermiques… Partir d’une idée de projet solaire pour arriver à une réalisation judicieuse demande beaucoup d’attention et de maîtrise dans l’élaboration et l’exécution d’un programme. Il est donc important d’évaluer tous les effets du microclimat car ce sont le paysage et le climat qui dictent les règles. Utilisation des formes et tissus compacts : Les villes sont en train de s’étaler rapidement envahissant ainsi les champs de blé. La ville étalée gaspille les ressources foncières, disperse les logements et renforce la fragmentation sociale. La ville étalée (éclatée, éparpillée ou éparse) consomme beaucoup d’espaces et reste problématique du point de vue des infrastructures et des services urbains. Ces différents constats nous ont conduit à se prononcer en faveur des formes et des tissus compacts. La boucle verte que nous souhaitons favorise donc les formes et les tissus compacts pour lutter contre l’étalement de la ville. Les formes et les tissus compacts évitent la dispersion de l’habitat, le gaspillage des ressources foncières et favorise des espaces urbains structurés et flexibles. Ils permettent un gain au niveau des matériaux, des enveloppes et de l’énergie. Le regroupement, par exemple, de plusieurs unités dans un volume compact apporte des avantages économiques et écologiques. Le tableau ci-dessous, tiré de l’ouvrage de Dominique Gauzin-Müller [11], nous donne un exemple de comparaison de l’impact sur l’environnement de 8 unités de logements en fonction de leur densité.


Tableau : Comparaison de l’impact sur l’environnement de 8 unités de logements en fonction de leur densité
Le tableau nous montre que la densification de l’habitat permet un gain considérable sur les plans de l’emprise du sol, de la surface de l’enveloppe, de l’énergie et du coût de la construction. Si les huit unités en maisons individuelles occupent, par exemple, une surface totale st, les huit unités groupées ensemble n’occupent que 34 % de la même surface. Les huit unités groupées consomment moins d’énergie de chauffage (68 %) par rapport à la consommation totale des huit unités en maisons individuelles. La surface d’enveloppe et le coût de construction des huit unités groupées sont réduits (35% et 58% ) par rapport à ceux des huit unités en maisons individuelles qui représentent 100%.

La gestion de l’énergie solaire : Le pouvoir d’achat des citoyens, aujourd’hui, a considérablement baissé. Posséder un logement n’est pas facile. Posséder un logement ou une maison et payer des charges relatives à l’énergie n’est pas à la portée de n’importe quelle bourse. Les factures sont de plus en plus élevées car le gaz et l’électricité deviennent de plus en plus chers. Il est donc urgent que les techniciens, les maîtres d’œuvre, les maîtres d’ouvrage … se penchent sur des conceptions d’habitat peu économes en matière d’énergie. L’adaptation solaire du bâtiment est une solution onéreuse. Nous devons nous rapprocher beaucoup plus de la nature qui nous entoure et la laisser faire fonctionner nos installations avec le minimum d’interventions mécaniques. Dès la conception donc il est impératif d’évaluer chaque impact climatique en termes physiologiques et de recourir quand il le faut à des solutions technologiques afin de réguler les problèmes de l’énergie solaire. Cela passe nécessairement par l’étude de l’enveloppe et du système constructif. Si le système constructif doit assurer à l’homme un gain sur les plans techniques et économiques, l’enveloppe doit lui procurer une ambiance dont dépend non seulement sa santé mais aussi le rendement de ses activités. L’enveloppe permet de réduire le plus possible les besoins en optant pour des matériaux peu consommateurs d’énergie, de rendre le système thermique performant en optant pour des isolants efficients, de prendre des mesures de conservation, de réduire les déperditions, de choisir une énergie et un système thermique associé qui permettent de minimiser la facture énergétique d’un logement. L’enveloppe satisfait quatre fonctions principales qu’il est utile de rappeler : capter les rayonnements solaires, stocker l’énergie captée, restituer la chaleur et réguler. Cela se traduit par : Le captage des rayons solaires grâce, par exemple, à des capteurs solaires disposés sur des toits ou des cellules photovoltaïques intégrées au niveau de la façade, un stockage grâce à l’inertie thermique, c’est-à-dire à la masse des matériaux de construction correctement disposés, la restitution de la chaleur accumulée par convection et par rayonnement avec un étalement dans le temps, la régulation grâce à la masse thermique et grâce à des protections solaires (si possible naturelles tels que arbre, végétation …) en cas d’excès de chaleur.

La gestion des espaces verts : La boucle verte valorise beaucoup les espaces verts. Ces derniers doivent être conçus en fonction de leur usage, de leur fréquentation, de leur identité et de leur place dans les cités et les quartiers. Le terme "espace vert" a des connotations différentes qu’on soit un urbaniste, un architecte ou un paysagiste. Pour l’urbaniste qui a une vision très large de l’espace, l’espace vert est assimilé à l’espace urbain. Il le situe même à l’échelle du territoire. Pour l’architecte, l’espace vert est l’espace libre, extérieur. Il est souvent réduit à un espace résiduel. Pour le paysagiste, l’espace vert est synonyme de paysage. Il englobe les composantes et les unités paysagères. Notre vision rejoint celle de l’urbaniste et du paysagiste. Il est donc nécessaire de faire appel, dès la phase de réflexion, à des paysagistes et des urbanistes avant l’aménagement d’un ensemble. Ces derniers sont en mesure d’éclairer et les maîtres d’œuvre et d’ouvrage et d’apporter des solutions plus efficientes. L’architecte ne doit pas considérer l’espace vert comme un simple espace résiduel. Il ne doit pas sombrer dans de médiocres constructions au détriment du site et de l’espace vert sous prétexte que ce dernier est coûteux à réaliser. L’œuvre de l’architecte ne doit pas devenir un objet de consommation n’obéissant seulement qu’à des impératifs financiers, administratifs ou d’urgence. L’architecte doit respect et vénération à l’espace vert et à la nature. Il ne doit ni les violenter ni les rudoyer mais au contraire travailler avec eux pas conte eux. En réfléchissant à l’espace vert on réfléchit à un meilleur aménagement urbain de la cité ou du quartier et à un aménagement durable. Les cités et les quartiers ont besoin, pour cela, d’être dotés de cellules "environnement", "paysage", "écologie"… Les cellules doivent être des structures spécifiques rattachées aux municipalités et disposant d’un panel d’outils méthodologiques pour le bien-être des habitants et de l’environnement. Les cellules sont incluses dans les comités de cités et de quartiers. Le problème de l’espace vert est l’affaire de tous ! L’habitant, l’architecte, l’urbaniste, le paysagiste, le technicien, le professionnel, l’élu et le représentant politique doivent œuvrer ensemble pour des espaces verts au niveau des cités et des quartiers. L’on se dirige alors vers une gestion différenciée des espaces ou comment accompagner la réalisation de la trame verte au niveau de l’habitat. Nos cités et nos quartiers ont grandement besoin du végétal. Les valoriser en espaces de nature permet leur réappropriation par les habitants. Pour cela, le retour à des pratiques naturelles s’avère nécessaire. Il peut s’agir de réalisations simples telles que la plantation d’arbres, la mise en places des haies, de clôtures végétales, des touffes d’herbe… Il est nécessaire de favoriser et de développer l’espace vert afin de restituer un équilibre écologique. Ce n’est pas trop demandé à des maîtres d’œuvre ou aux responsables des municipalités d’accompagner leurs projets de projets de plantations. Il est donc nécessaire de savoir choisir les arbres qu’il faut lors d’un aménagement d’un site, d’un quartier. Qu’il s’agisse des arbres haute tige, demi tige ou courte tige, l’arbre apporte toujours une note positive à l’environnement. Mais il est recommandé de privilégier les essences locales. Comme il est indispensable de recréer des engazonnements au niveau des cités et des quartiers. L’engazonnement a pour objet de réaliser des pelouses dont la finalité est de procurer un agrément visuel et une impression de détente. Les pelouses permettent également une diversification du paysage. L’espace vert doit également être accompagné de revêtements de surface. Les revêtements sont faits à l’aide de matériaux qu’il faut connaître. Nous pouvons citer à titre d’exemples : les enrobés denses, les sables enrobés, les enrobés colorés, les enduits superficiels, les asphaltes coulés, les pavés en roche naturelle, les terres cuites … Le revêtement renforce les cheminements et participe à une lisibilité et une clarté de l’espace vert. Une exigence de soin dans ses détails est nécessaire. Chaque détail participe à la qualité d’ensemble du sol et du paysage.

La gestion des eaux de pluie : La trame verte doit être accompagnée de la trame bleue. Combien de cités ou de quartiers, sont-ils dotés de plans d’eau ? Pourquoi alors les responsables des municipalités, les maîtres d’œuvre, les élus et les habitants ne se penchent-ils pas sur ce problème ? S’il est vrai que l’eau du robinet est rare de nos jours, il n’en demeure pas moins qu’il existe une solution économique pour créer des plans d’eau : la récupération des eaux pluviales. La récupération des eaux de pluie doit être finement étudiée et intégrée dans les projets d’aménagement. L’installation des récupérateurs ou des citernes est une mesure simple et économique qui permet de créer des plans d’eau et de rendre d’énormes services aux habitants. L’eau de pluie peut être également canalisée à des fins environnementales. L’eau de pluie, si elle est bien exploitée, peut devenir un élément important pour un site. Elle peut embellir un paysage grâce à ses reflets et ses mouvements. Elle joue un rôle primordial dans la présence et la qualité du végétal. Son maintien sur place permet des formes végétales nouvelles et un développement des plantations.

La gestion des déchets ménagers : Il est dommage de voir encore nos cités et nos quartiers envahis par des ordures ménagères. Ces derniers sont devenus, pour les gosses, un gain facile à la recherche de tout ce qui peut être vendu. Les sacs poubelles (la majorité en plastique) sont "éventrés" ou carrément vidés sur les lieux de ramassage ou simplement sur la chaussée polluant ainsi le cadre bâti et l’environnement. La gestion des déchets est un des problèmes qui doit interpeller tous les habitants et en particulier les municipalités. Que coûte-t- il aux municipalités de doter leurs cités et quartiers de poubelles de tri sélectif ? Le tri sélectif des déchets ménagers doit devenir une habitude quotidienne. Le tri sélectif, il est utile de le rappeler, répond à trois objectifs : l’isolement des déchets toxiques, la réutilisation de ce qui peut être recyclé et la séparation des éléments biodégradables pour diminuer le volume des déchets. Mais il ne suffit pas de se contenter du tri. La valorisation des déchets doit être prise dès la programmation et la conception du projet.

La gestion des déplacements : Une démarche écologique implique inévitablement une gestion des déplacements. Les plans de déplacements urbains (PDU) sont une opportunité pour organiser les transports, la circulation et le stationnement. La ville d’aujourd’hui souffre sans conteste de la circulation de la voiture et de ses problèmes de nuisances. « En 2006, six milliards d’êtres humains roulaient dans 500 millions de véhicules et le parc mondial pourrait atteindre un milliard d’automobiles vers 2050 » [12]. Dans plusieurs villes déjà, la restriction de la voiture individuelle et le développement du transport en commun sont devenus des priorités. La politique envisagée est alors l’usage du vélo, du bus, du tramway électrique. En matière d’aménagement, un centre ville piéton permet de dégager au maximum des voiries et limiter les émissions de gaz carbonique. Le système "Park and Ride" reste une solution efficace. Il encourage l’usager à laisser sa voiture dans des parkings publics créés près des stations de métro, de trains périphériques ou près des boucles aménagées à cet effet et à utiliser les transports en commun pour se rendre au centre ville. En dehors du centre ville, les bus doivent bénéficier de priorités sur la circulation à l’aide de systèmes de commande de feux et de couloirs réservés. Le centre ville doit re-devenir un centre pour les piétons. Un tel programme demande un effort d’organisation et de planification de la part des municipalités. Les municipalités ont le devoir de rendre la mobilité plus aisée et les conditions de circulation plus favorables. Elles doivent encourager la pratique du vélo et de la marche pied en créant des pistes cyclables à l’intérieur de la ville et en aménageant des itinéraires adaptés. La bicyclette a déjà envahi les centres de plusieurs villes du monde. « Les bicyclettes ont déjà envahi le centre de Copenhague, d’Helsinki, d’Amsterdam, de Tübingen et de Fribourg. En Allemagne et surtout aux Pays-bas et en Scandinavie, les pistes cyclables se banalisent. Elles sont généralement disposées de chaque côté de la rue ou de la route » [13]. Ces villes encouragent gratuitement leurs utilisations. La marche à pied doit être privilégiée en créant des itinéraires et des trajets agréables pour les promeneurs. Des cours urbaines et des ruelles piétonnes doivent être également aménagées dans les quartiers et les zones résidentielles afin de réduire la circulation automobile. Les municipalités doivent envisager la mise en place d’autobus plus respectueux de l’environnement et non polluants. Elles doivent désormais penser à des véhicules qui fonctionnent avec du biocarburant et pourquoi pas à l’aide de l’énergie solaire.

La dimension participative : La dimension participative fait appel à des lieux de concertation, des comités et des conseils consultatifs… Celle-ci doit incarner impérativement un vecteur d’enrichissement du processus décisionnel favorisant le renforcement des relations entre les habitants et l’administration municipale. Ce vecteur d’enrichissement n’est autre que la démocratie participative. Elle renvoie donc à plus de transparence, à la crédibilité de l’aptitude des municipalités à traiter réellement les problèmes qui concernent leurs cités et quartiers. Les municipalités ne doivent pas avoir un caractère timoré. Elles doivent politiquement oser entreprendre des actions pour associer tout le monde. Enfin, La boucle verte s’implante facilement là où la démocratie participative est vivante et vivace.

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02-03-2009, 06:42 AM
Conclusion
La démarche écologique que nous proposons est une boucle verte qui fait appel aux dimensions politique, économique, socioculturelle, technique environnementale et participative. La dimension politique ne peut se défaire de la stratégie du développement durable. Economiquement, elle est mise en valeur par des opérations urbaines compactes basées sur des objectifs de densification contrôlée et permettant une occupation rationnelle du sol dans le respect du développement durable. La dimension socioculturelle met en exergue les modèles culturels des habitants. L’habitat doit tenir compte des modèles culturels et accepter les différenciations. Un Algérien n’habite pas de la même manière qu’un Français ou un Américain. L’intégration de la technique dans la boucle verte ne correspond pas à une vision "techniciste" et réductrice. La dimension technique fait appel à des filières intégrés (non fermées), des filières éclatées et des systèmes ouverts développés par des entreprises performantes afin de diversifier la qualité du cadre bâti et de l’environnement. Le choix de l’enveloppe, des matériaux sains et écologiques peu consommateurs d’énergie sont nécessaires si nous voulons construire écologiquement. L’habitat et le logement ne sont pas uniquement une économie de coût. C’est aussi une économie fondée sur la connaissance et des savoir-faire de base, évolués et nouveaux. La dégradation du cadre bâti et de l’environnement nous oblige à intégrer dans la boucle verte la dimension environnementale. L’on ne peut continuer à produire de l’habitat en s’étalant, en se démarquant de la nature et en la polluant de plus en plus. Il est plus judicieux de s’orienter vers des constructions compactes bioclimatiques adaptées au climat local de façon à capter au mieux l’énergie solaire et en dépenser le moins. Il est également judicieux de ne pas négliger les espaces verts. La gestion différenciée des espaces verts est devenue une pratique à prendre en considération pour accompagner l’évolution des milieux naturels. De même qu’il est possible d’améliorer le cadre urbain en optant pour la rétention des eaux de pluie. Les eaux de pluie récupérées contribuent à des aménagements paysagers tels que des plans d’eau, des bassins… Il faut également chercher à ne pas polluer davantage le cadre bâti et l’environnement avec les déchets ménagers. Les municipalités doivent prévoir des lieux adaptés et les doter de poubelles et de bornes de tri sélectif pour inciter l’habitant à organiser ses déchets. Elles doivent en outre prendre des mesures favorisant au maximum leur valorisation afin de réduire le volume mis en décharge. Les déchets ménagers peuvent être valorisés organiquement (par compostage ou par méthanisation pour les déchets verts), recyclés ou récupérés pour être réutilisés ou simplement valorisés énergiquement pour les catégories de déchets incinérés où l’énergie peut être récupérée pour chauffer par exemple des logements. Mais cela ne peut se faire qu’avec la participation de tout le monde.

Références bibliographiques
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NORBERG-SCHULZ, Ch., 1985, Habiter, vers une architecture figurative, éditions Electa Moniteur, Paris.

NORBERG-SCHULZ, Ch., 1997, l’art du lieu : architecture et paysage, permanence et mutations, éditions Le Moniteur, Paris.

PINSON, D., 1993, Usage et Architecture, éditions L’Harmattan. SID, B., 1986, L’habitat en Algérie, Stratégie d’acteurs, éditions OPU (Office des Publications Universitaires), Alger.

Villes et Développement Durable, (octobre 1998), Dossier documentaire, Direction générale de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Construction, Centre de Documentation de l’Urbanisme, Direction de l’Equipement, des Transports et des Logements.

WRIGHT, D., 1979, Soleil, Nature, Architecture, éditions Parenthèses.




[1] Dominique Gauzin-Müller, L’Architecture Ecologique, éditions du Moniteur, paris, 2001, p. 13.

[2] Fouchier V., La densification : une comparaison internationale entre politiques contrastées, les Annales de la Recherche Urbaines, 67, 1995, pp. 94-108.

[3] Henry Lefebvre, le droit à la ville suivi de Espace et politique, éditions Anthropos, 1968 et 1972, pp. 25 et 28.

[4] Christian Norberg-Schulz, Habiter, vers une architecture figurative, éditions Electa Moniteur, Paris, 1985, p. 13.

[5] Martin Heidegger, Essais et Conférences, éditions Gallimard, pp. 177-178.

[6] Daniel Pinson, Usage et Architecture, éditions L’Harmattan, 1993, p. 8.

[7] Sid Boubakeur, l’habitat en Algérie, Stratégies d’acteurs et logiques industrielles, éditions Office des Publications Universitaires, Alger, pp. 93 et 113.

[8] David Wright, Soleil, Nature, Architecture, éditions Parenthèses, 1979, p. 29.

[9] Guide Pratique de l’Eco-Habitat, édition du Fraysse, coordination rédaction Chantal Visscher, avril 2007, p.47.

[10] David Wright, op. cit., pp. 216-237.

[11] Dominique Gauzin-Müller, L’Architecture Ecologique, op. cit., p. 42.

[12] Dominique Gauzin-Müller, op. cit., p.47.

[13] Dominique Gauzin-Müller, op. cit., p.48.[/SIZE][/LEFT]

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zakaria
02-03-2009, 10:09 PM
,Je trouve que notre pays arabes sont très loin pour adopter cette démarche, car elle nécessite une volonté politique que l’on trouve pas dans notre pays malheureusement.
Merci pour le sujet.

ãÚãÇÑíÉ
02-04-2009, 05:32 PM
,Je trouve que notre pays arabes sont très loin pour adopter cette démarche, car elle nécessite une volonté politique que l’on trouve pas dans notre pays malheureusement.
Merci pour le sujet.

ÃÔßÑß ÃÎí ÒßÑíÇ Úáì ÇáãÑæÑ
....ÊÝÇÁáæÇ ÈÇáÎíÑ ÊÌÏæå!

zakaria
02-04-2009, 09:52 PM
ÃÔßÑß ÃÎí ÒßÑíÇ Úáì ÇáãÑæÑ
....ÊÝÇÁáæÇ ÈÇáÎíÑ ÊÌÏæå!

æÇááå ÇÎÊí ãÚãÇÑíÉ ÇäÇ ãÊÝÇÆá Ýí ßá ÔìÁ ÇáÇ ÝíãÇ íÊÚáÞ ÈåÐå ÇáÇäÙãÉ ÇáÝÇÓÏÉ ÇáÊí ÊÍßãäÇ æ íæã íÈÚË Çááå ÚÒæÌá ÑÌÇáÇ ÑÈÇäííä æ ÇæÝíÇÁ áíÍßãæääÇ ÚäÏåÇ ÝÞØ íßæä ÇáÇãá æ ÇáÊÝÇÄá.

ãåÇ
01-31-2010, 03:11 PM
ÇáÓáÇã Úáíßã ...
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