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ãÔÇåÏÉ ÇáäÓÎÉ ßÇãáÉ : Histoire De L'urbanisme



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12-01-2009, 11:48 AM
2.6 /La naissance d’un urbanisme appliqué
Vers le milieu du XIXe siècle, une partie des villes européennes apparaissaient anachroniques, impropres à remplir les fonctions que leur imposaient l’industrialisation et les concentrations démographiques. Pour survivre et s’adapter, elles réclamaient des transformations globales de grande envergure.
La transformation la plus spectaculaire, sans équivalent ailleurs, fut accomplie entre 1853 et 1869 par le baron et préfet de Paris Georges Eugène Haussmann. À la différence de certains projets qui ne tenaient parfois aucun compte des conditions matérielles et esthétiques les plus élémentaires, son plan s’appliquait à une ville déjà existante et ne s’appuyait ni sur une critique sociale, ni sur une théorie de l’aménagement : pour la première fois, il traitait l’ensemble de l’espace parisien comme une totalité, de façon méthodique et systématique. Il fit exécuter le premier plan global de Paris, avec des courbes de niveaux, ce qui lui permit d’analyser de façon approfondie la topographie et la morphologie parisiennes. Pour résoudre les problèmes d’une circulation congestionnée et améliorer une hygiène souvent inexistante (Paris avait subi deux graves épidémies de choléra dans la première moitié du siècle), la solution radicale d’Haussmann fut le percement. Il donna une priorité à la création d’axes nord-sud, à la construction du boulevard Sébastopol et à l’extension à l’est de la rue de Rivoli (137 km de nouveaux boulevards). Concevant la ville en termes de systèmes homologues, hiérarchisés et solidaires, il mit en relation tous les points névralgiques de la ville. Grâce à un alignement sur rue très réglementé, il contribua largement à l’aération et à une uniformisation architecturale de la capitale. Cependant, les îlots du Paris haussmannien présentaient plusieurs inconvénients, notamment celui d’empêcher une bonne diffusion de la lumière (les pièces donnant sur cours étaient très sombres). L’œuvre novatrice d’Haussmann inspira la transformation du réseau urbain français et exerça une influence considérable en Europe (notamment à Vienne, à Berlin et à Anvers) et aux États-Unis où elle fut à l’origine du remodelage de Chicago par Daniel Burnham (1909).
2.7 /L’urbanisme au XXe siècle
Les pays anglo-saxons réagirent de façon uniforme à la nécessité d’améliorer les conditions de vie dans les cités. Ils commencèrent par réguler les conditions sanitaires et la densité des immeubles. En France, des expériences d’habitat amenèrent à la construction des premiers logements ouvriers, comme la fondation Lebaudy, installée rue Gassendi à Paris. La cité-jardin créée par le Britannique Ebenezer Howard en 1903 (modèle culturaliste) fut adoptée par quantité d’urbanistes qui la généralisèrent dans de nombreux pays. La « ville-jardin » communautaire de Welwyn (1920), construite d’après ses plans, avait été conçue comme une cité indépendante, protégée de l’empiétement urbain par une ceinture verte ou une zone agricole.
Un peu plus tard apparurent les premières habitations à bon marché (HBM) que l'on retrouve dans l'actuelle ceinture parisienne des Maréchaux. Un urbanisme social et quelque peu paternaliste vit ainsi le jour (modèle hygiéniste), bientôt radicalisé par les premiers modèles urbanistes progressistes (la cité linéaire de Soria, la cité industrielle de Tony Garnier, etc.). Ce mouvement prônait une approche globale et à long terme de l’urbanisme, impliquant l’abandon ou la destruction des centres anciens. Les idées développées étaient d’abord des thérapies sociales afin d’éliminer le « cancer » de la ville ancienne. Les programmes cherchaient à concilier technologie moderne et justice sociale, s’efforçant de définir les différents facteurs affectant les cités modernes (travail, logement, transport et loisirs).
D’importantes mesures visant à formaliser et à légaliser l’urbanisme furent prises au début du XXe siècle : en 1909, la Grande-Bretagne vota une loi d’urbanisation permettant aux autorités locales de préparer des plans de contrôle du nouvel aménagement. En 1909, également, eut lieu aux États-Unis la première Conférence nationale d’urbanisme.
Entre le premier après-guerre et la fin des années 1960, l’urbanisme progressiste s’imposa, consacrant la figure de l’architecte français d’origine suisse Le Corbusier. Il resta néanmoins cantonné dans la théorie et dans une expérimentation limitée jusqu’en 1945, année après laquelle il trouva de nombreuses applications sur le terrain. Cette période fut caractérisée par l’effacement progressif du projet social, propre aux modèles de la première génération. Les membres du Bauhaus et du mouvement De Stijl projetaient des cités plantées sur des espaces verts, inondées de soleil, sillonnées de voies de circulation pour drainer harmonieusement la population évoluant entre les différents quartiers définis par leurs activités (habitat, travail, loisir). La doctrine de l’urbanisme progressiste fut élaborée lors des Congrès internationaux d’architecture moderne (CIAM), la charte d’Athènes définissant les critères de la ville moderne. Le logement était privilégié, la rue « corridor » bannie et la nature largement introduite dans les villes. Appliquant à la ville un fonctionnalisme radical (à chaque quartier et à chaque bâtiment une fonction unique : travail, habitat, loisir, etc.), ces urbanistes proposaient un zonage séparé dans les villes où le développement des techniques de construction (béton, immeubles de grande hauteur, ascenseurs) permettaient toutes les audaces.
À partir de la grande dépression des années 1930, l’intervention des États en matière d’urbanisme s’accentua. Pour stimuler le développement économique dans les régions en déclin, la Grande-Bretagne autorisa la nomination de commissaires spéciaux aux pouvoirs étendus. La Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas et d’autres pays européens réalisèrent plusieurs programmes de logements sociaux inspirés des théories progressistes et surtout hygiénistes. Aux États-Unis, le président Franklin Roosevelt créa, dans le cadre du New Deal, une Administration des travaux publics chargée de l’amélioration des investissements, un Bureau national d’urbanisme destiné à coordonner l’aménagement à long terme ainsi qu’un programme de création de trois ceintures vertes. Trop grande rigidité.
2.8 /Après la Seconde Guerre mondiale
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les grands travaux de reconstruction des villes et l’urgence du logement entraînèrent une application massive des principes de la charte d’Athènes. Ils inspirèrent d’abord la rénovation des quartiers et des centres urbains anciens, c’est-à-dire leur démolition au nom de l’hygiène et de la modernisation et leur reconstruction selon les normes nouvelles. Ce type de rénovation débuta d’abord aux États-Unis sous l’influence des anciens protagonistes du Bauhaus et gagna progressivement l’Europe. Elle a permis en région parisienne plus de cent opérations couvrant près de 600 hectares (à Paris les secteurs du Front de Seine, des Halles-Beaubourg et de la place d’Italie). Les villes orientales ne furent pas épargnées par cette chirurgie radicale, comme en témoignent certaines opérations au Maroc et au Moyen-Orient. L’urbanisme progressiste inspira également (et inspire toujours) l’aménagement des périphéries urbaines, qu’il s’agisse de quartiers nouveaux (Stockholm, Amsterdam, etc.) ou surtout de grands ensembles : tours et barres de logements identiques sur tous les continents, dans lesquelles la rue a disparu (la cité des Quatre Mille de Le Corbusier à La Courneuve, Sarcelles, etc.). Le mouvement progressiste fut également à l’origine de la création ex nihilo de villes comme Brasilia au Brésil (Oscar Niemeyer) ou Chandigarh en Inde (Le Corbusier), mais ne put mettre en œuvre de colossaux projets utopiques (les cités lacustres de Kenzo Tange, les villes entonnoirs de Walter Jonas, etc.).
Seule la Grande-Bretagne resta relativement fidèle au modèle culturaliste de Howard dont les villes nouvelles, résultant du New Town Act (1946), portent la marque. Bâties autour d’un noyau central, elles intégraient des activités diversifiées, se distinguant du modèle progressiste par leur refus d’un fonctionnalisme systématique. En raison de cette politique volontariste, de nombreux ensembles d’habitations de ce type furent érigés dans les banlieues de Londres mais aussi en France, où la construction de neuf villes nouvelles (Melun-Senart, Saint-Quentin-en-Yvelines, etc.) fut lancée à l’occasion de la publication du Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne (1965).
2.9 /L’urbanisme moderne
Après une phase d’euphorie, le triomphe de l’urbanisme progressiste suscita une critique croissante sur ses réalisations et sa démarche à partir des années 1960. Les effets sociaux provoqués par le gigantisme et la pauvreté formelle et sémantique de ces innombrables cités-dortoirs et déserts de béton d’une part et le scientisme quelque peu dogmatique de ses théoriciens, d’autre part, amenèrent à une remise en cause de sa suprématie. Parallèlement, on prit conscience que, dans la « nouvelle ville », l’urbanisme dépassait la simple dimension matérielle et qu’il englobait également les questions sociales, économiques et politiques. Ces questions étaient trop importantes pour laisser tout pouvoir aux urbanistes et à leurs rêves de cités radieuses. C’est ainsi qu’un mouvement postmoderne vit le jour, caractérisé par son hostilité au mouvement moderne et par une plus grande modestie et un plus grand réalisme en matière d’urbanisme
a suivre..........

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01-31-2010, 02:57 PM
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